LES ORGANISTES DE L’HEMU APPRENNENT À MIEUX CONNAÎTRE LEUR INSTRUMENT

Dans le cadre de leur cursus à l'HEMU, les étudiantes et étudiants organistes découvrent le fonctionnement de leur instrument à travers un cours de facture d’orgue. Rencontre avec Benjamin Righetti, enseignant d’orgue à l’HEMU et responsable de ce cours.

C'est en forgeant qu'on devient forgeron et Benjamin Righetti en est totalement convaincu : « Quand on joue un instrument aussi complexe que l’orgue, ça me paraît pertinent que le musicien ou la musicienne connaisse son fonctionnement, explique le professeur d’orgue. La plupart du temps, l’orgue sur lequel joue l’organiste ne lui appartient pas, mais cela n’empêche qu’il lui arrivera ponctuellement de devoir effectuer lui-même ou elle-même de petites réparations, ou accorder l'un ou l'autre tuyau de l’instrument. »

Dans ce sens, un cours de facture d’orgue est proposé une fois tous les trois ans, en alternance avec des cours consacrés pour l'un à l'hymnologie (histoire de la musique religieuse) et pour l'autre au répertoire d'orgue (l'un des plus riche qui soit, couvant toutes les époques du Moyen-Age à aujourd'hui). Accompagnés de Peter Meier, responsable de l’entretien des orgues de l’HEMU et du Conservatoire de Lausanne, les étudiant·es découvrent le fonctionnement, l’entretien et la fabrication d’un orgue. Les apprenti·es organistes visitent ensuite l’atelier d’un tuyautier, auprès duquel ils/elles peuvent prendre part à la construction d’un tuyau d’orgue qu’ils/elles gardent ensuite en souvenir.

Enfin une dernière journée est consacrée à l'accordage et à la question des tempéraments, ces différentes manières que l'on a eu d'accorder les instruments à claviers à travers les siècles. « Pour terminer et valider ce cours de manière ludique, on fait un blind test où je demande aux étudiantes et étudiants de deviner quel orgue joue les extraits musicaux de diverses origines que je leur passe, raconte Benjamin Righetti. Les réponses sont inattendues et l’exercice surprend par sa difficulté ! »

« Pédagogiquement, c’est un module essentiel dans l’apprentissage du métier », constate Benjamin Righetti. Un peu comme un pilote de F1 qui, même s'il n'est pas mécano, doit mieux comprendre le fonctionnement de sa voiture qu'un conducteur lambda pour affoler le chrono, les organistes doivent aussi mettre les mains dans le cambouis pour pouvoir ensuite faire corps avec leur instrument et ainsi en tirer le meilleur.

Tuyau d’orgue manufacturé par la classe d’orgue de l'HEMU, juin 2021.

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